Comment une jeune marque de 6 mois se retrouve au G7 ?

En janvier 2019, lorsque le comité d’organisation du G7 nous contacte pour nous rencontrer, on croit d’abord à une plaisanterie. Deux jours plus tard, on se retrouvait à l’Élysée.

 

En amont du RDV, on se pose quand même quelques questions. Le G7 étant un évènement politique auxquels assistent les représentants de grandes puissances économiques, il est par essence exclusif, clivant, et générateur de contestations. Des problématiques très éloignées de notre mission et de nos valeurs (autant que les positions affichées par certains chefs d’états).

 

 

On se rend donc au RDV, partagés entre perplexité et curiosité. On comprend alors très rapidement les enjeux de la discussion. La France veut sensibiliser les participants au G7 sur l’urgence d’une action concertée face aux problématiques environnementales, et plus particulièrement celles des océans dont la pollution croissante devient très inquiétante. Pour illustrer son message, elle prévoit ainsi d’offrir aux délégations présentes un symbole de cette préoccupation.

 

 

 

On repart donc avec une certaine fierté – un état qui vous soutient dans votre aventure, ce n’est pas rien - et surtout un gros challenge : imaginer, concevoir et produire la montre qui matérialisera cet engagement fort (et réellement nécessaire).

 

Lorsque nous avons lancé notre première collection Origins il y a maintenant 1 an, nous avions la volonté de prouver qu’il était possible de créer des objets durables, fabriqués à partir de matières existantes, sans faire de compromis sur le design ou la qualité. Notre montre était donc le fruit d’une démarche déjà très aboutie : un acier recyclable à l’infini, un bracelet issu de bouteilles plastiques collectées dans les océans et un mouvement sans pile utilisant la lumière pour fonctionner, avec une autonomie record.

 

 

Nous avions depuis l’envie de travailler sur de nouveaux matériaux et de placer l’innovation au cœur de notre développement. Le G7 nous a apporté cette opportunité, et malgré le délai très court, nous n’avions plus qu’une idée en tête : mettre au point la première montre au monde fabriquée à partir de filets de pêche usagés. L’utilisation du filet de pêche est symbolique, puisqu’au-delà de la pollution micro-plastique qu’il engendre, c’est également un énorme fléau pour les mammifères marins, dont plusieurs centaines de milliers se retrouvent piégés dans des filets abandonnés chaque année. Un véritable fléau.

 

 

 

 

Les filets de pêche sont ainsi récupérés par notre partenaire en mer du Nord et sont ensuite triés puis nettoyés pour être transformé en granules, qui deviendra notre matière première. Plus de 6 mois auront été nécessaires pour obtenir un matériau esthétique et suffisamment solide pour résister aux diverses contraintes liées à son usage. Ce matériau est également très intéressant par son aspect et sa légèreté lui conférant un très grand confort au poignet. Au final, un choix aussi technique que philosophique.

 

 

Les montres sont ensuite assemblées en France à Besançon dans l'atelier de notre partenaire, fort de plus de 60 années d’expérience. Comme toutes nos autres montres, elles reprennent la technologie solaire, plus performante et plus cohérente.

 

 

 

 

 

 

On ne sait pas vraiment si Emmanuel Macron, Justin Trudeau ou encore Donald Trump porteront leur montre, et au final ce n’est vraiment pas le plus important J. Une chose est sure, c’est que le G7 aura été un véritable accélérateur, boostant notre créativité et notre envie d’innover dans le sens de nos valeurs, tout en nous confortant dans l’intérêt et la légitimité de notre mission.